Coccinelles australiennes engagées pour la lutte biologique

L'objectif de ce projet est la lutte biologique contre un organisme nuisible introduit, afin de protéger la flore et la faune indigènes. Puisque les cochenilles australiennes prolifèrent encore de manière incontrôlée, le facteur temps est un élément crucial du succès de ce projet. Voilà pourquoi, en 2002, 1365 coccinelles ont été lâchées sur les îles Santa Cruz, San Cristobal, Isabela, Floreana, Fernandina et Pinta. Les premiers effets sont manifestes: le nombre des cochinelles commence déjà à diminuer...

La cochenille Icerya purchasi est une menace sérieuse pour la flore indigène des îles Galápagos. Sans ennemis naturels, elle s'est largement propagée depuis son introduction dans l'archipel en 1982. Elle touche aujourd'hui 31 espèces de plantes endémiques, dont 16 qui sont menacées, selon l'IUCN (International Union for the Conservation of Nature).

Cette cochenille, en outre, représente un danger pour les insectes indigènes qui se nourrissent de plantes qu'elle contamine. Par exemple, le microécosystème de mangroves blanches, base de la vie de multiples organismes, a été gravement infesté par les cochenilles. Ces mangroves sont l'habitat naturel du pinson des mangroves, oiseau le plus rare de l'archipel, et en voie d'extinction, dont on ne compte guère plus de 100 couples. Si la mangrove blanche disparaît, ces pinsons perdront leur lieu de nidification et disparaîtront eux aussi.

La cochenille est difficile à contrôler chimiquement. Dans d'autre régions, l'intriduction d'un prédateur, la coccinelle Rodolis cardinalis est proteuse d'espoirs. Sachant que la libération d'un oragnisme importé peut causer des grands dommages à flore et faune indigènes, particulièrement dans un écosystème fragile comme celui des Galápagos, il était indispensable d'évaluer les conséquences d' un lâcher de coccinelles.

Les résultats des chercheurs de la station Charles Darwin ont montré que les coccinelles n'ont pas d'influence négative sur d'autres invertébrés et que, les oiseaux les dédaignant, elles e nuisent pas aux vertébrés insectivores indigènes comme les pinsons de Darwin et d'autres petits oiseaux.
Cette phase du projet a été soutenue par une campagne d'information d'envergure, par laquelle la population locale a été informée de l'introduction d'un type d'insecte exotique. Les paysans ont été formés lors de séminaires; ainsi ils sont partie prenante au lâcher des coccinelles et à la surveillance du projet.

Les coccinelles, élevées par le personnel de la station de recherches et du parc national, ont été lâchées, pour commencer, dans les régions à priorité élevées. Ces régions se caractérisent par une forte densité des plantes menacées, infestées de cochenilles. Ces opérations sont accompagnées d'observations intensives. A l'issue du projet, une évaluation détaillée du taux de réussite sera fournie, ainsi qu'une analyse coût-efficacité du lächer de coccinelles.

En 2002, les amis des îles Galápagos (Suisse) ont octroyé pour ce projet une somme de CHF 11'100.